La grande force des décisions collectives réside dans le pouvoir mystique que le nombre exerce sur l'âme des multitudes. C'est pour cette raison que les chefs d'Etat sont obligés de paraître s'appuyer sur l'opinion populaire.

À lire aussi de Gustave Le Bon

Quand on ne peut pas gouverner un peuple avec des idées vraies, il faut bien se résigner à le gouverner avec des idées tenues pour vraies.
L'action est toujours nuisible quand, dédaignant les réalités, elle prétend changer violemment le cours des choses. On n'expérimente pas sur une société comme sur les machines d'un laboratoire.
La force du caractère, et non l'instruction, donne à l'homme une armature intérieure résistante. Privé de cette armature, il devient le jouet de toutes les circonstances.
Les foules ne respectent que les gouvernements forts. Le mépris du faible a toujours été leur loi.
L'amitié représente un sentiment faible, mais durable; l'amour, un sentiment fort, mais peu durable. L'envie, dont le rôle social devient si prépondérant, constitue un des rares sentiments possédant à la fois force et durée.
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Dans la même œuvre

Aux époques agitées, les grands problèmes qui surgissent chaque jour ne comportent guère de solutions simples et immédiates. Suivre alors l'opinion simpliste des foules conduit vite à des catastrophes.
En politique, les conséquences d'un acte ont parfois plus d'importance que cet acte lui-même.
Une des plus fréquentes sources d'erreurs politiques est d'attribuer à des causes uniques des événements issus de causes nombreuses et compliquées.
Quelle que soit l'intelligence d'un homme d'Etat, en arrivant au pouvoir il cherche à suivre l'opinion mobile des foules pour se rendre populaire. C'est ainsi que, souvent, il perd le pouvoir.
La crainte des électeurs, la peur des responsabilités, la préoccupation exclusive de l'heure présente, constituent pour un homme politique moderne trois sources d'erreur auxquelles il lui est difficile d'échapper.