Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée.
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La force d'un écrivain réside dans son action directe sur le public, dans les colères, les enthousiasmes, les méditations qu'il provoque par ses écrits.
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À lire aussi de Jean-Paul Sartre
La foule envahit la route et les champs, dense, tenace, implacable: une inondation. Pas un bruit sauf le frottement chuintant des semelles contre la terre.
Ainsi qu'il soit essayiste, pamphlétaire, satiriste ou romancier, qu'il parle seulement des passions individuelles ou qu'il s'attaque au régime de la société, l'écrivain, homme libre s'adressant à des hommes libres, n'a qu'un seul sujet: la liberté.
Si l'on tient la liberté pour le principe et le but de toute activité humaine, il est également faux que l'on doive juger les moyens sur la fin et la fin sur les moyens.
On dirait bientôt: les soldats de 38 - comme on disait: les soldats de l'an II, les poilus de 14. Ils creuseraient leurs trous comme les autres, ni mieux ni plus mal, et puis ils se coucheraient dedans, parce que c'était leur lot.
Dans la même œuvre
L'empire des signes, c'est la prose; la poésie est du côté de la peinture, de la sculpture, de la musique.
L'écrivain engagé sait que la parole est action: il sait que dévoiler c'est changer et qu'on ne peut dévoiler qu'en projetant de changer. Il a abandonné le rêve impossible de faire une peinture impartiale de la Société et de la condition humaine.
Il n'est donc pas vrai qu'on écrive pour soi-même: ce serait le pire échec; en projetant ses émotions sur le papier, à peine arriverait-on à leur donner un prolongement languissant.
L'auteur écrit pour s'adresser à la liberté des lecteurs et il la requiert de faire exister son oeuvre.
La lecture est un pacte de générosité entre l'auteur et le lecteur; chacun fait confiance à l'autre, chacun compte sur l'autre, exige de l'autre autant qu'il exige de lui-même.