La critique révolutionnaire condamne le roman pur comme l'évasion d'une imagination oisive.

À lire aussi de Albert Camus

Quand on a l'esprit élevé et le coeur bas, on écrit de grandes choses et on en fait de petites.
Il l'avait battue jusqu'au sang. Auparavant, il ne la battait pas. Je la tapais, mais tendrement pour ainsi dire. Elle criait un peu.
Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d'été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu'aux sommeils innocents.
Chaque artiste garde ainsi, au fond de lui, une source unique, qui alimente pendant sa vie ce qu'il est et ce qu'il dit. Quand la source est tarie, on voit peu à peu l'oeuvre se racornir, se fendiller. Ce sont les terres ingrates de l'art que le courant invisible n'irrigue plus. Le cheveu devenu rare et sec, l'artiste couvert de chaumes, est mûr pour le silence, ou les salons, qui reviennent au même. Pour moi, je sais que ma source est dans L'Envers et l'Endroit, dans ce monde de pauvreté et de lumière où j'ai longtemps vécu et dont le souvenir me préserve encore des dangers contraires qui menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction.
Ceux qui préfèrent leurs principes à leur bonheur. Ils refusent d'être heureux en dehors des conditions qu'auparavant ils ont fixées à leur bonheur. S'ils le sont, par surprise, les voilà désemparés - malheureux d'être privés de leur malheur.
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Dans la même œuvre

Ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exige.
Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée.
La révolte est une ascèse, quoique aveugle. Si le révolté blasphème alors, c'est dans l'espoir d'un nouveau Dieu.
La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.
Le sens de la vie supprimé, il reste encore la vie.