L'existence du soldat est, après la peine de mort, la trace la plus douloureuse de barbarie qui subsiste parmi les hommes.

À lire aussi de Alfred de Vigny

Rien n'occupera plus vos coeurs désenchantés, - Que des rêves d'amour bien vite épouvantés, - Et le regret lointain de ces fraîches années - Qu'un souffle a fait mourir, en moins de temps fanées...
Le travail est un oubli, mais un oubli actif qui convient à une âme forte.
Sa louve reposait comme celle de marbre - Qu'adoraient les Romains, et dont les flancs velus - Couvaient les demi-dieux Remus et Romulus.
J'étais indépendant d'esprit et de parole, j'étais sans fortune et poète, triple titre à la défaveur.
Amis, qu'est-ce qu'une grande vie, sinon une pensée de la jeunesse exécutée par l'âge mûr ? La jeunesse regarde fixement l'avenir avec son oeil d'aigle, y trace un large plan, y jette une pierre fondamentale ; et tout ce que peut faire notre existence entière, c'est d'approcher de ce premier dessein. Ah ! quand pourraient naître les grands projets, sinon lorsque le coeur bat fortement dans la poitrine ? L'esprit n'y suffirait pas, il n'est rien qu'un instrument.
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L'existence du Soldat est (après la peine de mort) la trace la plus douloureuse de barbarie qui subsiste parmi les hommes.
Je n'aime pas les prisoniers ... ; on se fait tuer.
La naissance est tout; ceux qui viennent au monde pauvres et nus sont toujours des désespérés.
Le canon me semblait la voix de Bonaparte; et, tout enfant que j'étais, quand il grondait, je devenais rouge de plaisir.
Je vis deux yeux bleus, démesurés de grandeur, admirables de forme.