Œuvre

Poèmes antiques et modernes (1826)

Je l'ai vu, ton sourire aussi beau que le jour; - Et l'heure du sourire est l'heure de l'amour.
Votre front est semblable au lis de la vallée; - De vos lèvres toujours la rose est exhalée. - Que votre voix est douce et douces vos amours! - Oh quittez ces colliers et ces brillants atours!
Dansez, et couronnez de fleurs vos fronts d'albâtre: - Liez au blanc muguet l'hyacinthe bleuâtre, - Et que vos pas moelleux, délices de l'amant, - Sur le chêne poli glissent légèrement...
La harpe tremble encore et la flûte soupire, - Car la valse bondit dans son sphérique empire, - Des couples passagers éblouissent les yeux, - Volent entrelacés en cercles gracieux.
J'ai jeté ma vie aux délices, - Je souris à la volupté...
«Qu'un homme d'entre vous, dit-il, jette une pierre - S'il se croit sans péché, qu'il jette la première!»
Au coeur privé d'amour, c'est bien peu que la gloire.
Rien n'occupera plus vos coeurs désenchantés, - Que des rêves d'amour bien vite épouvantés, - Et le regret lointain de ces fraîches années - Qu'un souffle a fait mourir, en moins de temps fanées...