L'essentiel de mon activité, c'est de voir naître et prospérer les mots. Le Robert est pour moi ma signature.

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Nous sommes moralement et éthiquement obligés de définir des mots nouveaux même s'ils ne plaisent pas. Maurice Druon me reprochait déjà à l'époque de « ramasser les mots dans le ruisseau », au nom du purisme du français de l'Académie française. Le dictionnaire est un observatoire, pas un conservatoire.
Nous observons que certains jeunes utilisent des termes issus de la bouche de leurs grands-parents. Ainsi, ils les réactualisent et empêchent la disparition de tout un vocabulaire. Je pense à la phrase admirable d’Amadou Hampâté Bâ: « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle. » C’est très vrai. La langue se construit partout.
Les mots conduisent à tout.
La langue change en même temps que l’ère dans laquelle elle se trouve: les médias d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’hier, l’informatique a bouleversé notre monde et notre façon d’écrire. Le croisement entre l’écrit et l’oral n’est plus du tout de la même nature. L’usage change. Et ce changement est perpétuel. Finalement, personne ne connaît vraiment le français. Son apprentissage ne sera jamais terminé car la langue évolue tous les jours.
Je ne bouscule pas la langue, j'essaie de l'approfondir et d'essayer de voir derrière les choses que nous employons tous les jours les petits mystères cachés par des siècles et des siècles d'utilisation.
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Une langue est faite pour exprimer le monde, il faut qu'elle s'enrichisse sans cesse pour coller au réel.
On n'est pas très heureux quand il y en a beaucoup. Mais ce n'est pas nous qui choisissons. C'est un enrichissement sauvage, on adopte parfois des anglicismes qui ne sont pas nécessaires et qui ont un équivalent en français. Mais, il y a des anglicismes depuis le Moyen Age. Et le français a plus enrichi la langue anglaise que l'inverse.
Avec le tout-informatique, les personnes âgées ne peuvent plus échapper au langage des jeunes, ce n'est plus cloisonné comme avant.
A part le cercueil, je ne vois pas d'autre retraite. Je suis en alerte depuis que je suis gamin. Dès que j'étais confronté à un mot que je ne connaissais pas, j'avais envie de savoir !
A part le cercueil, je ne vois pas d'autre retraite.