L'enregistrement hétéroclite, continu, du monde, au fur et à mesure des jours, passait par la télévision. Une nouvelle mémoire naissait.

À lire aussi de Annie Ernaux

On avait le temps de désirer les choses, la trousse en plastique, les chaussures à semelles de crêpe, la montre en or. Leur possession ne décevait pas.
J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue
J'ai fini de mettre en mots ce qui m'apparaît comme une expérience humaine totale, de la vie et de la mort, du temps, de la morale et de l'interdit, de la loi, une expérience vécue d'un bout à l'autre au travers du corps.
Une nuit d'insomnie j'assiste pour la première fois le nez collé à la fenêtre à la levée du jour. quand le bleu aura fini de pâlir, je m'endormirai dans l"étonnement d'une découverte étrange et précieuse. C'était comme quelque chose d'interdit. J'étais libre et heureuse cette année là.
Les enfants vivent mieux qu'on pense avec les secrets, avec ce qu'ils croient qu'il ne faut pas dire.
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La réélection de Mitterand nous rendait la tranquillité. Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite.
1968 était la première année du monde.
On sentait bien qu'avec la pilule la vie serait boulversée, tellement libre de son corps que c'en était effrayant. Aussi libre qu'un homme.
Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite.
Le silence était le fond des choses et le vélo mesurait la vitesse de la vie.