«Tout donner, et puis s'en aller», c'est facile à dire. Les donneurs de leçons courent les rues, les avis sont toujours gratis, car on ne donne rien si libéralement que ses conseils.
❧
L'amour, c'est rester alors qu'on pourrait s'en aller.
◆
À lire aussi de Camille Laurens
Admirant les moulages en bronze exposés dans les musées, on oublie que la sculpture était en cire, on ne voit donc plus la teinte bise dont les morts sont peints : c'est une matière, la mort, c'est une couleur dont on ne veut pas se souvenir. Voilà sans doute la vraie raison de la mauvaise réception de la Petite Danseuse en 1881, la cause souterraine de l'horreur presque unanime qu'elle a suscitée.
J'aime bien cette idée qu'on est responsable de l'amour qu'on suscite, c'est-à-dire que d'une certaine manière, à défaut d'y répondre, on en répond.
Que les mots suscitent des émotions violentes, des sentiments comme la tendresse et la pitié, c'est déjà beaucoup, mais qu'ils touchent ainsi le corps, le fond du ventre qu'ils nous amènent à sangloter, à rire, à désirer, il faut le vivre pour le croire.
Non pas l’envie de donner (son temps, sa parole, la vie) mais l’espoir de recevoir ; non pas le bonheur d’aimer, mais l’exigence jumelle, ardente et vierge, l’espérance infinie d’être aimé.
Dans la même œuvre
Le désir veut conquérir et l’amour veut retenir. Le désir, c’est avoir quelque chose à gagner, et l’amour quelque chose à perdre.
Pour les gens comme moi, Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l'attente, on ne peut pas faire son deuil d'une histoire pourtant morte, et en même temps on surnage dans le virtuel, on s'accroche aux présences factices qui hantent la Toile, au lieu de se déliter on se relie.
Les hommes mûrissent les femmes vieillissent.
Vous avez beau savoir ce qui se passe, ce qui s'est passé, vous n'en êtes pas sauvé pour autant. Quand vous avez compris ce qui vous fait souffrir, vous souffrez toujours. Aucun bénéfice. On ne guérit pas de ce qu'on rate. On ne reprise pas les draps déchirés.
On ne guérit pas de ce qu'on rate. On ne reprise pas les draps déchirés.