Jusque-là, tout m'a semblé si chaotique, si morcelé... Des lambeaux, des bribes de quelque chose, me revenaient brusquement au fil de mes recherches... Mais après tout, c'est peut-être ça, une vie...

À lire aussi de Patrick Modiano

Nous vivons des temps où l'on finit par ne plus s'étonner de rien.
Ce qui nous rend la disparition d'un être plus sensible, ce sont les mots de passe existant entre lui et nous, et qui soudain deviennent inutiles et vides.
Il faut longtemps pour que resurgisse à la lumière ce qui a été effacé.
J'ai toujours cru que certains endroits sont des aimants et que vous êtes attirés vers eux si vous marchez dans leurs parages.
Dans mon souvenir, ce quartier de la Chapelle m'apparaît aujourd'hui tout en lignes de fuite à cause des voies ferrées, de la proximité de la gare du Nord, du fracas des rames de métro qui passaient très vite au-dessus de ma tête… Personne ne devait se fixer longtemps par ici. Un carrefour où chacun partait de son côté, aux quatre points cardinaux.
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Dans la même œuvre

Je crois qu'on entend encore dans les entrées d'immeubles l'écho des pas de ceux qui avaient l'habitude de les traverser et qui, depuis, ont disparu.
Hutte répétait qu'au fond, nous sommes tous des «hommes des plages» et que «le sable - je cite ses propre termes - ne garde que quelques secondes l'empreinte de nos pas».
Une impression m'a traversé, comme ces lambeaux de rêves fugitifs que vous essayez de saisir au réveil pour reconstituer le rêve entier.
Dans la vie, ce n'est pas l'avenir qui compte, c'est le passé.
Personne ne répond jamais aux questions qui vous tiennent à coeur.