Jeune, en meute comme des chiots, on ne se quitte pas, on rit, on s'aime, on n'a pas besoin du dégoûtant espoir car on est l'espoir. La vie fracasse tout cela, créant des isolements. On se met à espérer.

À lire aussi de Charles Dantzig

Nous faisons les mots, puis nous nous faisons à eux.
Il n'y a pas cinquante kilomètres carrés de notre pays qui n'aient vu naître un écrivain. C'est trop. Il ne reste plus de place pour les lecteurs.
La provocation provient du dépit et est un enfantillage. Quelle importance de choquer ceux que l'on méprise? Serait-ce qu'on ne les méprise pas tellement? Au fond, la provocation est une approbation.
Il n'y a pas plus d'art de lire que d'art d'écrire. Comme disait Woody Allen : J'ai pris des cours de lecture rapide. J'ai lu Guerre et Paix. Ça se passe en Russie.
Lire est déraisonnable. Il y a des choses bien plus importantes, disent les importants. C'est vrai. Et, le sachant, nous continuons en sifflotant ces lectures qui nous privent de la gloriole et de la fortunette.
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Dans la même œuvre

La France est devenu un pays de mauvaise grâce. Chacun peste dans son métier, dans ses occupations, contre les autres. Nous sommes devenus un peuple aigre qui mériterait qu'on le réduise en esclavage.
Tout ce qui est beau et bon est toujours calomnié. Les moralistes n'y suffiraient pas. Il s'y ajoute les qualités naturelles de l'homme, l'envie, la méchanceté, et la rage de souffrir.
J'aime bien les vieux joueurs de cartes, le soir, en vacances, sur la Méditerranée, leur stupidité distinguée.
Le tact est l'imagination de ce que peuvent ressentir les autres. Qu'il ressortisse à l'imagination explique qu'il soit si rare.
Une des conséquences positives de l'amour est la coquetterie. Tous les efforts qu'on fait pour attirer l'attention de l'autre nous améliorent.