Il n'y a pas cinquante kilomètres carrés de notre pays qui n'aient vu naître un écrivain. C'est trop. Il ne reste plus de place pour les lecteurs.

À lire aussi de Charles Dantzig

Un écrivain n'aime pas plus les mots qu'un menuisier les clous. Un mot est un objet donc il se sert pour créer un autre objet nommé phrase, laquelle donnera son utilité au mot; un mot inusité n'a pas d'utilité.
On respire par les yeux! Nous l'avons tous expérimenté, à lire des livres non ponctués, où notre pauvre oeil haletant cherche un point, une virgule, le moindre bout de banc où s'asseoir.
L'entre les lignes est l'espace merveilleux où le lecteur à bout de raisonnements ramasse la lumière magique qui lui donne ce qu'il veut : être persuadé.
On ne lit pas un livre pour une histoire, on lit un livre pour danser avec son auteur.
L'hypocrisie est une huile sociale, la fourberie un miel d'arriviste.
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Dans la même œuvre

Selon les époques, les artistes sont considérés comme de la domesticité de luxe ou comme le luxe de la domesticité.
La moitié de la gloire de Baudelaire vient, non de ses grands vers, mais de ce qu'il n'est jamais content.
Un moraliste devrait assumer sa posture de tueur méprisant: une phrase, une balle, on rengaine.
L'amour est un espoir. De là sa nuance de bassesse. Seulement, c'est un espoir envers soi-même, de pouvoir être assez bien pour plaire, etc. De là sa nuance de hauteur.
Les femmes deviennent amoureuses espérant introduire du romanesque dans leur vie. Ayant constaté que cela a surtout introduit des emmerdements, elles lisent des romans.