Lire est déraisonnable. Il y a des choses bien plus importantes, disent les importants. C'est vrai. Et, le sachant, nous continuons en sifflotant ces lectures qui nous privent de la gloriole et de la fortunette.

À lire aussi de Charles Dantzig

L'oeuvre est ce qui tue l'intime.
L'amour est le seul sujet sur lequel on puisse écrire n'importe quoi, car l'amour est n'importe quoi. C'est une qualité.
A 10 000 mètres, l'Océan est gris et ridé comme un hippopotame. Que le vol est paisible, à l'intérieur de ce gros Boeing blanc qui digère ses passagers en ronronnant! Cela permet de supporter la patience que les long-courriers réclament.
Ne lisant plus, l'humanité sera ramenée à l'état naturel, parmi les animaux. Le tyran universel, inculte, sympathique, doux, sourira sur l'écran en couleurs qui surplombera la terre.
Les politiciens sont une étrange engeance.
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Dans la même œuvre

Un livre n'est pas fait pour les lecteurs, il n'est même pas fait pour son auteur, il n'est fait pour personne. Il est fait pour être. Un livre fait pour les lecteurs les prend pour un public.
Ce n'est pas nous dans les livres qui nous font juger que les livres sont bons, c'est le talent. Ce n'est pas aux personnages, aux idée qu'on veut ressembler. On veut ressembler au talent.
On ne lit pas un livre pour une histoire, on lit un livre pour danser avec son auteur.
La seule question à se poser devant un chef d'oeuvre, c'est: ferait-il brûler la bibliothèque d'Alexandrie? Si on ne pense pas à le faire, c'est qu'il est bonasse et rien à craindre. Si on y pense, c'est qu'il y a des soupçons sur sa vulgarité.
Oui, on lit par protestation contre la vie. La vie est très mal faite. On y rencontre sans arrêt des gens inutiles. Elle est pleine de redites. Ses paysages sont interminables. Si elle se présentait chez un éditeur, la vie serait refusée.