Ce n'est pas nous dans les livres qui nous font juger que les livres sont bons, c'est le talent. Ce n'est pas aux personnages, aux idée qu'on veut ressembler. On veut ressembler au talent.

À lire aussi de Charles Dantzig

Un écrivain n'aime pas plus les mots qu'un menuisier les clous. Un mot est un objet donc il se sert pour créer un autre objet nommé phrase, laquelle donnera son utilité au mot; un mot inusité n'a pas d'utilité.
Les plus grands inventeurs ne sont pas les plus diplômés, car l'érudition blase ou paralyse.
L'amour est le seul sujet sur lequel on puisse écrire n'importe quoi, car l'amour est n'importe quoi. C'est une qualité.
Position du moraliste: c'est la même que celle du tireur couché. Le moraliste est allongé dans une position protégée et tire des maximes sur une cible à découvert.
En général, les livres moyens donnent de très bons films: ils ne contiennent pas de pensées que le cinéaste est gêné de supprimer.
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Dans la même œuvre

Un livre n'est pas fait pour les lecteurs, il n'est même pas fait pour son auteur, il n'est fait pour personne. Il est fait pour être. Un livre fait pour les lecteurs les prend pour un public.
On ne lit pas un livre pour une histoire, on lit un livre pour danser avec son auteur.
La seule question à se poser devant un chef d'oeuvre, c'est: ferait-il brûler la bibliothèque d'Alexandrie? Si on ne pense pas à le faire, c'est qu'il est bonasse et rien à craindre. Si on y pense, c'est qu'il y a des soupçons sur sa vulgarité.
Oui, on lit par protestation contre la vie. La vie est très mal faite. On y rencontre sans arrêt des gens inutiles. Elle est pleine de redites. Ses paysages sont interminables. Si elle se présentait chez un éditeur, la vie serait refusée.
Lire est déraisonnable. Il y a des choses bien plus importantes, disent les importants. C'est vrai. Et, le sachant, nous continuons en sifflotant ces lectures qui nous privent de la gloriole et de la fortunette.