Tout d'abord je trouve toujours choquant et blessant de s'arroger le monopole du coeur. Vous n'avez pas Monsieur Mitterrand, le monopole du coeur ! Vous ne l'avez pas... J'ai un coeur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien. Vous n'avez pas le monopole du coeur.
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Je voudrais regarder la France au fond des yeux, lui dire mon message et écouter le sien.
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Pendant mon septennat, j’ai été amoureux de 17 millions de Françaises. On peut bien sûr, crier à la banalité ou à la démagogie. Mais le plus curieux, la nature même de mon secret, c’est que c’était rigoureusement exact !
Il n'y aurait pas tant de malaise, s'il n'y avait pas autant d'amateurs de malaise.
François Mitterrand pensait avoir perdu l’élection de 1974 suite au débat. Nous en avions parlé tous les deux par la suite et il m’avait confié : « Votre phrase Vous n’avez pas le monopole du cœur m’a déstabilisé, elle m’a coupé le souffle. Ce soir-là, j’ai perdu 300000 électeurs. » Un vrai débat peut faire gagner ou perdre, aujourd’hui encore.
La difficulté est que notre société colore à l’excès le débat, comme l’a montré la campagne agressive de Jean-Luc Mélenchon, qui tentait de ressusciter la lutte des classes! Face à des extrêmes, de gauche et de droite, représentant près de 30% de l’électorat, il faudrait que, dans des périodes difficiles, les partis de gouvernement se montrent capables de concevoir de grandes coalitions, comme en Allemagne.