Je vois le visage d'Anton Tchekhov : « Le rôle de l'écrivain, dit-il, est de décrire une situation si honnêtement... que le lecteur ne peut plus s'en évader. » Comment suivre ce conseil aujourd'hui ? Je n'ai pas de réponse, seulement une intuition qui bégaye, comme n'importe quelle histoire avant d'être racontée.

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Les espoirs qui viennent du fond du coeur, jadis illustrés dans les histoires triomphantes de Hollywood, sont désormais obsolètes et appartiennent à une autre époque. L'espoir se passe en contrebande de main en main et d'histoire en histoire.
Dans une histoire donnée, certains prennent simplement plus d'espace. Écrire avec une jointure qui saigne. Ce sang souligne certains mots. Chaque histoire raconte un accomplissement, sinon il n'y a pas d'histoire.
Le système économique produit, en même temps que de la richesse, de plus en plus de pauvreté, de plus en plus de familles sans logis, tandis qu'au même moment il promeut politiquement des idéologies qui articulent et justifient l'exclusion et l'élimination finale des hordes de pauvres.
Les pauvres usent de toutes les ruses mais ne se déguisent jamais. Les riches se déguisent généralement jusqu'à leur mort. Un de leurs déguisements les plus fréquents est le Succès. De l'accomplissement, il n'y a souvent rien à montrer si ce n'est un regard de reconnaissance partagé.
La nouvelle pauvreté n'est pas un phénomène marginal du nouvel ordre économique mondial, mais au contraire absolument central. En Europe, où les SDF en sont l'expression la plus extrême, la plus visible, personne ne peut l'ignorer. Bien sûr, on peut fermer les yeux. Mais si on ferme les yeux, c'est qu'on a déjà vu quelque chose qu'on ne veut pas voir...
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Dans une histoire donnée, certains prennent simplement plus d'espace. Écrire avec une jointure qui saigne. Ce sang souligne certains mots. Chaque histoire raconte un accomplissement, sinon il n'y a pas d'histoire.
Le sens de l'appartenance à ce qui a été et à ce qui reste encore à venir est ce qui distingue l'homme des autres animaux. Cependant affronter l'Histoire, c'est affronter le tragique. C'est pourquoi beaucoup préfèrent regarder ailleurs
Toutes les tyrannies impliquent des cruautés institutionnalisées. Comparer une tyrannie à une autre est alors inutile parce qu'à partir d'un certain point, les douleurs sont incomparables.