La nouvelle pauvreté n'est pas un phénomène marginal du nouvel ordre économique mondial, mais au contraire absolument central. En Europe, où les SDF en sont l'expression la plus extrême, la plus visible, personne ne peut l'ignorer. Bien sûr, on peut fermer les yeux. Mais si on ferme les yeux, c'est qu'on a déjà vu quelque chose qu'on ne veut pas voir...

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L'horizon est le bord inférieur rectiligne d'un rideau arbitrairement et soudainement baissé sur une représentation.
Ici, en France, au fronton de chaque mairie, on lit les mots “ Liberté Égalité Fraternité ”. Ces mots d'ordre de la Révolution française ne sont plus respectés, et plus personne ne croit sérieusement qu'ils le sont. Mais il y a un résidu de ces idéaux éthiques chez les gens. On le voit à la manière dont ils réagissent à ce qui se passe dans le monde - quel que soit le sentiment d'impuissance qui les accable. Le fossé entre ces idéaux éthiques et la nouvelle pauvreté est si énorme, que je ne comprends pas pourquoi tous les écrivains ne s'emparent pas du sujet. Je ne comprends pas comment on peut éviter une réalité aussi écrasante.
Le fossé qui sépare pauvres et relativement riches devient abyssal. Les contraintes et les recommandations traditionnelles volent en éclats. Le consumérisme consume tout questionnement. Le passé devient obsolète. En conséquence, les gens perdent leur individualité, leur sens de l'identité, et donc cherchent et trouvent un ennemi de manière à se définir eux-mêmes. L'ennemi – quelle que soit son appartenance religieuse ou ethnique – on le trouve toujours parmi les pauvres. C'est là où le schéma circulaire est vicieux.
Aujourd'hui, ce qui caractérise la tyrannie, quel que soit le pays, c'est qu'elle est sans visage. Il n'y a ni Fürher, ni Staline, ni Cortés. Ses mécanismes varient selon les continents et l'histoire locale, mais son schéma général reste le même, un schéma circulaire.
Le rire n'est pas une réaction mais une contribution.
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