Je suis toujours très prudent avec le sujet de “l'identité” parce que beaucoup de candidats à droite et à l'extrême-droite utilisent ce terme pour replier la France sur, en quelque sorte, la haine de l'autre, le fantasme d'un passé qui parfois n'a jamais été. Je crois beaucoup plus au concept d'appartenance à une nation, ce qui n'est pas la même chose qu'une identité. L'Histoire nous l'apprend d'ailleurs.

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La crise que nous vivons peut conduire à la guerre et à la désagrégation des démocraties. Tous ceux qui croient, sagement assis, confortablement repus, que ce sont des craintes qu'on agite se trompent, ce sont les mêmes qui se sont réveillés avec des gens qui semblaient inéligibles, ou sortis de l'Europe, alors qu'ils pensaient que ça n'adviendrait jamais.
Quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression. La France est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire.
Le Front national (…) est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d'extrême droite. Mais, d'ailleurs, vous voyez cette coagulation des contraires se faire : qui adore Syriza chez nous ? Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Avec qui s'allie Alexis Tsipras en Grèce ? Avec son extrême droite souverainiste.
En France, les meilleurs virologues, les meilleures épidémiologistes, des gens qui sont sur le terrain et que nous avons écoutés. Tous nous ont dit que malgré des efforts pour le freiner, le virus [ coronavirus ] continue de se propager. Nous le savions, nous le redoutions.
Moi je crois dans un projet d'une Europe souveraine, d'une Europe puissante. On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d'avoir une vraie armée européenne. Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu'elle pouvait être menaçante. Moi je veux construire un vrai dialogue de sécurité avec la Russie, qui est un pays que je respecte, qui est européen. Mais on doit avoir une Europe qui se défend, davantage seule, sans dépendre seulement des États-Unis, et de manière plus souveraine
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Non, je pense que dans le roman national, il y a des grands repères qui aident à construire notre appartenance à la Nation, qui sont le rapport à notre Histoire et à ses grandes figures, on l'entendait, qui sont les CLOVIS, les JEANNE D'ARC, etc., qui sont ces grandes figures françaises dans lesquelles se cristallise notre rapport à une continuité dans le temps, à l'énergie du peuple français, à une aspiration à la liberté, à l'indépendance, évidemment le moment fondateur de la Révolution française, le rapport à la laïcité, ces blocs que nous avons dans notre Histoire, constituent le roman national, l'adhésion à la Nation et à la République. Donc ça, je pense que c'est très important à la fois de l'enseigner, de le consolider, parce que c'est constitutif de ce que nous sommes.
Je crois que c'est ce qui constitue, d'ailleurs, l'esprit français, c'est une aspiration constante à l'universel, c'est-à-dire cette tension entre ce qui a été et la part d'identité, qui est cette ipséité stricte, et l'aspiration à un universel, c'est-à-dire à ce qui nous échappe.
Celui qui perd ce rapport à l'identité et à un passé qui a été, cet attachement à un récit national, je pense, se dissout ; mais celui qui veut le défendre pieds et poings - on le voit dans les débats contemporains, parfaitement, le zemmourisme, toutes ces choses-là -, celui qui refuse tout discours critique sur cet aspect se trompe parce qu'il enferme l'identité française dans ce qu'elle n'a jamais été ! Elle a toujours été l'appartenance à quelque chose qui nous dépasse.
La Nation française, le rapport que nous avons avec la Nation est constamment mouvant, s'est construit dans l'Histoire par un permanent dépassement. C'est ça que l'Histoire veut donner.
Il y a des horreurs dans la République. Il y a des parts d'ombre dans la République. Si nous ne savons pas regarder la continuité de cette Histoire, d'avant et d'après la Révolution, en ce qu'elle a, d'ailleurs, justement, de cohérence profonde dans ses aspirations et si nous ne savons pas considérer les erreurs profondes de cette Histoire, nous ne pouvons pas consolider l'appartenance et la réconciliation des appartenances à la Nation et donc un futur commun.