Œuvre

Allocution d'Emmanuel Macron sur le coronavirus , le 12 mars 2020

Cette épidémie [ coronavirus ] qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens est la plus grave crise sanitaire qu'ait connue la France depuis un siècle.
Si nous avons pu retarder la propagation du virus [ coronavirus ] et limiter les cas sévères, c’est grâce à eux parce que tous ont répondu présents. C’est pourquoi, en votre nom, et avant toute chose, j'aimerais exprimer ce soir la reconnaissance à ces héros en blouse blanche. Ces milliers de femmes et d’hommes admirables qui n’ont d’autre boussole que le soin.
En France, les meilleurs virologues, les meilleures épidémiologistes, des gens qui sont sur le terrain et que nous avons écoutés. Tous nous ont dit que malgré des efforts pour le freiner, le virus [ coronavirus ] continue de se propager. Nous le savions, nous le redoutions.
Mais pour notre intérêt collectif, dès lundi et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermées. Fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus [ coronavirus ]. Les transports publics seront maintenus, car les arrêter, ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de soigner.
La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu’il en coûte.
Nos professeurs, avec l’appui du secteur privé, travaillent d’ores et déjà sur plusieurs pistes de traitement à Paris, Marseille. Les protocoles ont commencé et j’espère que, dans les prochaines semaines, les prochains mois, nous aurons des premiers traitements que nous pourrons généraliser. L’Europe a tous les atouts pour offrir au monde l’antidote au Covid-19.
Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés. Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte, là aussi.
Nous devons aujourd’hui éviter deux écueils, mes chers compatriotes. D’une part, le repli nationaliste. Ce virus,[ coronavirus ] il n’a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La coordination européenne est essentielle et j’y veillerai.
Je compte sur vous parce que le gouvernement ne peut pas tout et parce nous sommes une nation. Chacun a son rôle à jouer. Je compte sur vous pour respecter les consignes qui sont et seront données par les autorités et en particulier ces fameux gestes barrières contre le virus. Elles sont aujourd’hui encore trop peu appliquées. Cela veut dire se laver les mains suffisamment longtemps avec du savon ou avec des gels hydroalcooliques. Cela veut dire saluer sans embrasser ou serrer la main pour ne pas se transmettre le virus. Cela veut dire se tenir à distance d’un mètre. Ils peuvent apparaître anodins. Ils sauvent des vies. C’est pourquoi, mes chers compatriotes, je vous appelle solennellement à les adopter.
Cette crise doit être l’occasion d’une mobilisation nationale de solidarité entre générations. Nous en avons les ressorts. Je compte sur vous, toutes et tous pour faire nation.
Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, [ coronavirus ] c’est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe.
Ce que révèle cette pandémie, [ coronavirus ] c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie, au fond à d’autres, est une folie.
Pour notre intérêt collectif, dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés. Pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus. [ coronavirus ]
C'est pourquoi je demande ce soir à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile. Elles pourront bien sûr sortir de chez elles pour faire leurs courses, pour s'aérer. Mais elles doivent limiter leurs contacts au maximum dans ce contexte.