Je suis comme toi, je suis une fille-mère qui n'a pas eu de mômes. Mon mariage, c'est un caprice, une entourloupette.

À lire aussi de Albertine Sarrazin

Moi, maintenant, je marche : sur une ou deux ou trois pattes, je marcherai toujours assez loin pour te retrouver, te réparer à mon tour, s'il le faut.
Je ne veux ni entretenir, ni être entretenue.
On ne se lave pas du jour au lendemain de plusieurs années de routine chronométrée et de dissimulation constante de soi .Lorsque la carcasse est libérée, l'esprit, qui était jusque là la seule échappatoire, devient au contraire l'esclave des mécanismes.
On tue un corps plus facilement qu'un souvenir.
Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers, sous l'angle laissé par le moule de plâtre « en léger équin » disait le dossier.
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Dans la même œuvre

Je ne veux ni entretenir, ni être entretenue.
Ces macaronis on sait pas à quoi s'en tenir, ou ça jacte on peut plus les arrêter, ou c'est tout renfermé et ça fait ses coups en dessous.
A l'atelier, on sait déjà que j'ai été en conférence avec la Maison Parapluie, et le silence est lourd, inquiétant, je sens le poulet.
Je n'ai rien de ce que j'aime, il faudra bien que j'aime ce qu'on m'a laissé.
L'entretien d'hier m'a prouvé, encore une fois, qu'il existe des limites à tout échange, que le dialogue finit le plus souvent en double monologue.