J'étais enceinte jusqu'aux dents de tous les mots d'amour et je ne pouvais plus accoucher d'un seul.
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Je porte ces robes comme des sacs avec des ceintures qui les déforment, alors elles deviennent éternelles.
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À lire aussi de Marguerite Duras
Etre seule avec le livre non encore écrit, c'est être encore dans le premier sommeil de l'humanité.
La solitude c'est ce sans quoi on ne fait rien. Ce sans quoi on ne regarde plus rien. C'est une façon de penser, de raisonner, mais avec la seule pensée quotidienne.
Et on débouche peu à peu sur une conversation généralement partisane et particulièrement neutre.
Ecrire, c'était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée.
Dans la même œuvre
Je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais rien fait qu'attendre devant la porte fermée.
Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. Je ne sais pas pourquoi je l'aimais à ce point là de vouloir mourir de sa mort. J'étais séparée de lui depuis dix ans quand c'est arrivé et je ne pensais que rarement à lui. Je l'aimais, semblait-il, pour toujours et rien de nouveau ne pouvait arriver à cet amour. J'avais oublié la mort.
L'histoire de ma vie n'existe pas. Ca n'existe pas. Il n'y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l'on fait croire qu'il y avait quelqu'un, ce n'est pas vrai il n'y avait personne.
Je me suis dit qu'on écrivait toujours sur le corps mort du monde et, de même, sur le corps mort de l'amour.
Je pourrais me tromper, croire que je suis belle comme les autres femmes, comme les femmes regardées, parce que l'on me regarde vraiment beaucoup.