Œuvre
Le Marin de Gibraltar (1952)
J'avais toujours bien aimé les paysages de ce genre, géographiques pour ainsi dire, les caps, les deltas, les confluents, et surtout les embouchures, la rencontre des fleuves et de la mer.
L'été m'angoissait. Parce que sans doute désespérais-je de jamais trouver à vivre quelque chose qui s'accordât à lui.
Il y a des fois, dit-elle, où on ne les fait pas pour s'en aller, mais pour faire peur à l'autre. Les femmes, toutes les femmes ont fait leurs valises pour rien une fois dans leur vie. On les fait pour qu'on vous retienne.
Ah! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce que c'est qu'un bain de mer pris le matin en Méditerranée.
Le tort des gens, c'est en général de ne pas assez se marrer.
Les oiseaux, c'est comme l'amour, ça a toujours existé. Toutes les espèces disparaissent, mais pas les oiseaux. Comme l'amour.
J'étais enceinte jusqu'aux dents de tous les mots d'amour et je ne pouvais plus accoucher d'un seul.
On attend toujours quelque chose, dis-je, quelque chose. Quand l'attente est trop longue, alors on change, on attend autre chose qui vient plus vite.
Les femmes, toutes les femmes ont fait leurs valises pour rien une fois dans leur vie. On le fait pour qu'on vous retienne.
- Dites-moi, dit-elle, quel est le signe annonciateur de la fin d'un grand amour? - - Que rien, apparemment, ne l'empêche de durer toujours, dis-je, non?
Je perdis toute liberté. Elle occupa toutes mes pensées, hypothéqua mes jours, mes nuits. Un clou noir dans mon coeur.