Je ne suis pas culturelle, il n'y a qu'une chose qui compte pour moi, saisir la vie, le temps, comprendre et jouir. Est-ce la plus grande vérité de ce récit ?

À lire aussi de Annie Ernaux

Chaque jour et partout dans le monde il y a des hommes en cercle autour d'une femme, prêts à lui jeter la pierre.
J'allais vers eux avec mon petit bagage, les conversations des filles, des romans, des conseils de l'écho de la mode, des chansons, quelques poèmes de Musset et une overdose de rêves, Bovary ma grande soeur.
Dans la passion, c'est le rêve qui compte.
Elle est dans l'orgueil de l'expérience, de la détention d'un savoir nouveau dont elle ne peut mesurer, imaginer ce qu'il produira en elle dans les mois qui viennent. L'avenir d'une acquisition est imprévisible.
Je voulais forcer le présent à redevenir du passé ouvert sur le bonheur.
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Dans la même œuvre

J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue
Ce n'est pas à lui qu'elle se soumet, c'est à une loi indiscutable, universelle, celle d'une sauvagerie masculine qu'un jour ou l'autre il lui aurait bien fallu subir. Que cette loi soit brutale et sale, c'est ainsi.
J'ai retrouvé dans mes papiers une sorte de note d'intention : Explorer le gouffre entre l'effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l'étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé
J'opte pour l'indécision : d'avoir reçu les clés pour comprendre la honte ne donne pas le pouvoir de l'effacer.
Je les envie sincèrement. Elles ne savent pas qu'elles ont la meilleure part. C'est bête de ne pas savoir à quel moment on serait le plus heureux.