Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd'hui je le sais: ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s'égarer dans la nuit profonde de la folie.

À lire aussi de Laurence Tardieu

Ce qui est violent, ce n'est pas le temps qui passe, c'est l'effacement des sentiments et des émotions. Comme s'ils n'avaient jamais existé.
De quoi se souvient-on avec précision? Ne réinvente-t-on pas tout sans cesse, dans l'espoir fou de donner du sens aux instants détachés et flottants de notre vie?
La vie, c'est un peu comme l'écriture, on ne trouve jamais ce qu'on cherche, on trouve autre chose, et c'est cette autre chose, surprenante, mystérieuse, troublante, qui en fait la beauté.
L'homme croit aux miracles. Même dans les circonstances les plus dramatiques, il croit encore qu'il peut s'en sortir. C'est sans doute pour ça qu'il parvient à tenir debout dans l'enfer.
Mon enfance ressemble à une longue errance dans un couloir silencieux dont les issues auraient été condamnées.
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Dans la même œuvre

Certains déserts ne se traversent que dans un sens.
Voilà peut-être ce qu'il faudrait accepter: on ne fait que passer. Et quand bien même l'amour, le combat, la souffrance à en devenir fou... De tout ça un jour il ne reste rien.
Certains êtres, à mesure que le temps passe, deviennent de plus en plus libres: ils se redressent au lieu de s'affaisser. Il émane d'eux une énergie étonnante. Ils sont lumière pour qui les rencontre.
On n'oublie rien. Quand bien même on s'est efforcé du contraire: le passé vit en nous. Masse informe tapie au plus profond de soi, qu'on pourrait croire endormie mais qui veille.
L'éternité n'est pas dans le temps, elle est dans la profondeur.