Mon enfance ressemble à une longue errance dans un couloir silencieux dont les issues auraient été condamnées.
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De quoi se souvient-on avec précision? Ne réinvente-t-on pas tout sans cesse, dans l'espoir fou de donner du sens aux instants détachés et flottants de notre vie?
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On se trompe terriblement: l'humanité ne se divise pas en deux. L'humanité ne se divise pas. Elle n'en finit pas de ce tordre sur elle même. Elle est une immense convulsion.
On n'oublie rien. Quand bien même on s'est efforcé du contraire: le passé vit en nous. Masse informe tapie au plus profond de soi, qu'on pourrait croire endormie mais qui veille.
La vie, c'est un peu comme l'écriture, on ne trouve jamais ce qu'on cherche, on trouve autre chose, et c'est cette autre chose, surprenante, mystérieuse, troublante, qui en fait la beauté.
J'ai compris que les livres étaient une des expressions les plus fortes, les plus troublantes et les plus vraies de la vie.
Dans la même œuvre
L'écriture, comme l'amour, permet de tout oublier. L'écriture, comme l'amour, permet de renaître.
J'écrirai mon amour pour vous, non pour le rêver, mais pour m'en envelopper. Pour le faire vivre.
Je ne crois pas que ce soit le temps qui passe. Le temps ne passe pas. Ce qui passe, c'est nous.
Ce qui est violent, ce n'est pas le temps qui passe, c'est l'effacement des sentiments et des émotions. Comme s'ils n'avaient jamais existé.
Les vies sont si fragiles, si incertaines. On croit parfois leurs fondations solides, on s'émerveille du chemin parcouru, puis, comme ça, soudainement, pour un éblouissement, elles volent en éclats, se fracassent contre un rêve.