je ne pourrais pas écrire mes Mémoires. Je crains d'être ennuyeux, et de m'ennuyer moi-même. Je suis en admiration quand je vois des artistes, des industriels, des sportifs dire : « Dans ces années-là, à Aubenas où je suis né, il y avait un marchand de crêpes qui s'appelait monsieur Raymond. Ma tante m'y emmenait quand j'avais bien travaillé. Ah, ces crêpes aux myrtilles ! » Non, je ne pourrais pas.

À lire aussi de Jean-Loup Dabadie

Je sais aussi que mon père disait : - \r\nLe temps c'est comme ton pain... - \r\nGardes en pour demain... - \r\nJ'ai encore du pain, - \r\nJ'ai encore du temps, mais combien ?\r\n
Claude Sautet disait : « Je ne peux filmer que ce que je vis.» C'est un peu pareil pour moi, même si je n'ai jamais été autobiographique. Je ne pense pas qu'on puisse retrouver dans aucun des textes que j'ai écrits, y compris les chansons d'amour, des choses qui me soient arrivées. Mais c'est quand même le monde où je suis, où je vis, où je pleure.
Je travaille un peu partout, j'aime beaucoup les endroits où il y a du passage, les aéroports, les gares, car il y a une innocence du temps qui passe. On se dit “je suis en voyage”, on verra après, et c'est justement dans ces moments-là que l'inspiration vient plus facilement.
C'est important d'être humainement proche des gens pour lesquels vous écrivez.
Les acteurs sont pour moi les souffleurs des auteurs.
Toutes les citations de Jean-Loup Dabadie →

Dans la même œuvre

Ne m'appelez pas maître. Si les personnes que j'aime et qui m'aiment commencent à ne plus m'appeler Jean-Loup, là, il y aura une fêlure.
je me suis présenté comme « écrivain de cinéma » pendant mes visites aux Académiciens. En me recevant sous la Coupole, ils accueillent ce que j'appelle les arts frémissants.
Au cinéma, le premier interprète d'un film, c'est le metteur en scène. Si je sais que le metteur en scène sera Jean Becker ou Cédric Klapisch, ça passera par leur filtre. Mais si demain j'écris pour Jacques Gamblin que je ne connais pas dans la vie, j'utiliserai son archet, ses vibrations à lui. Les acteurs sont pour moi les souffleurs des auteurs.
Au cinéma, le premier interprète d'un film, c'est le metteur en scène.
Les acteurs sont pour moi les souffleurs des auteurs.