Quand on travaille avec un metteur en scène, les relations sont passionnelles. Les réalisateurs qui me font l'honneur de bien m'aimer ont horreur que j'aille faire un film avec un autre. Et réciproquement.
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Au cinéma, le premier interprète d'un film, c'est le metteur en scène.
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Ne m'appelez pas maître. Si les personnes que j'aime et qui m'aiment commencent à ne plus m'appeler Jean-Loup, là, il y aura une fêlure.
Je travaille un peu partout, j'aime beaucoup les endroits où il y a du passage, les aéroports, les gares, car il y a une innocence du temps qui passe. On se dit “je suis en voyage”, on verra après, et c'est justement dans ces moments-là que l'inspiration vient plus facilement.
Quand j'ai fini d'écrire un film, je suis content de m'exercer dans une autre discipline, de prendre un ticket pour un autre voyage.
A partir du moment où on peut me joindre partout, en vacances, de jour comme de nuit, et désormais à l'autre bout de la planète grâce à Internet, je considère que les metteurs en scène ou les chanteurs pour qui je travaille ont tout loisir de me dire si je dois reprendre un texte, changer une phrase ou modifier un mot dans une chanson. C'est mon devoir, ma passion, ma vie.
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je me suis présenté comme « écrivain de cinéma » pendant mes visites aux Académiciens. En me recevant sous la Coupole, ils accueillent ce que j'appelle les arts frémissants.
Au cinéma, le premier interprète d'un film, c'est le metteur en scène. Si je sais que le metteur en scène sera Jean Becker ou Cédric Klapisch, ça passera par leur filtre. Mais si demain j'écris pour Jacques Gamblin que je ne connais pas dans la vie, j'utiliserai son archet, ses vibrations à lui. Les acteurs sont pour moi les souffleurs des auteurs.
Les acteurs sont pour moi les souffleurs des auteurs.
je ne pourrais pas écrire mes Mémoires. Je crains d'être ennuyeux, et de m'ennuyer moi-même. Je suis en admiration quand je vois des artistes, des industriels, des sportifs dire : « Dans ces années-là, à Aubenas où je suis né, il y avait un marchand de crêpes qui s'appelait monsieur Raymond. Ma tante m'y emmenait quand j'avais bien travaillé. Ah, ces crêpes aux myrtilles ! » Non, je ne pourrais pas.