A partir du moment où on peut me joindre partout, en vacances, de jour comme de nuit, et désormais à l'autre bout de la planète grâce à Internet, je considère que les metteurs en scène ou les chanteurs pour qui je travaille ont tout loisir de me dire si je dois reprendre un texte, changer une phrase ou modifier un mot dans une chanson. C'est mon devoir, ma passion, ma vie.

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On a dit que j'avais envoyé des articles qui m'étaient favorables aux Académiciens pour être élu. J'espère que personne ne l'a cru. J'aurais vraiment été un imbécile et je les aurais pris pour des imbéciles !
Au cinéma, le premier interprète d'un film, c'est le metteur en scène. Si je sais que le metteur en scène sera Jean Becker ou Cédric Klapisch, ça passera par leur filtre. Mais si demain j'écris pour Jacques Gamblin que je ne connais pas dans la vie, j'utiliserai son archet, ses vibrations à lui. Les acteurs sont pour moi les souffleurs des auteurs.
Je ne pense pas qu'on puisse retrouver dans aucun des textes que j'ai écrits, y compris les chansons d'amour, des choses qui me soient arrivées. Mais c'est quand même le monde où je suis, où je vis, où je pleure.
Je sais qu'il existe des écoles de scénaristes mais j'ai du mal à comprendre leur intérêt. On n'apprend pas l'imagination. Faire un dialogue, faire s'entrechoquer les sentiments, résonner les silences, ça ne s'apprend pas.
J'en profite pour faire l'anti-publicité de mes deux romans. Si vous tombez dessus chez un bouquiniste, ne les achetez pas, ce n'est pas qu'ils soient mauvais mais ils sont pleins de minauderies, d'affèteries, alors que le devoir d'un écrivain est au contraire d'épurer, d'arriver à la plus grande simplicité possible. Comme disent les architectes : moins, c'est plus.
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Dans la même œuvre

Je ne suis un spécialiste de rien. J'ai écrit des chansons, des sketchs et des scénarios, au gré des hasards de la vie et de mes rencontres. Quand j'ai fini d'écrire un film, je suis content de m'exercer dans une autre discipline, de prendre un ticket pour un autre voyage.
Quand j'ai fini d'écrire un film, je suis content de m'exercer dans une autre discipline, de prendre un ticket pour un autre voyage.
Je ne suis un spécialiste de rien. J'ai écrit des chansons, des sketchs et des scénarios, au gré des hasards de la vie et de mes rencontres.
J'en profite pour faire l'anti-publicité de mes deux romans. Si vous tombez dessus chez un bouquiniste, ne les achetez pas, ce n'est pas qu'ils soient mauvais mais ils sont pleins de minauderies, d'affèteries, alors que le devoir d'un écrivain est au contraire d'épurer, d'arriver à la plus grande simplicité possible. Comme disent les architectes : moins, c'est plus.
Je sais qu'il existe des écoles de scénaristes mais j'ai du mal à comprendre leur intérêt. On n'apprend pas l'imagination. Faire un dialogue, faire s'entrechoquer les sentiments, résonner les silences, ça ne s'apprend pas. On cherche soi-même, on regarde les oeuvres des autres. On apprend quelquefois dans d'autres domaines que celui où on essaie d'exercer sa peine. Par exemple en regardant un tableau ou une photo d'un enfant dans la rue, on peut trouver une émotion que, nolens volens, on traduit plus tard dans une chanson ou dans une scène au cinéma ou au théâtre.