J'ai peur toujours de cette solitude qui m'est venue en même temps que la vie, de ce vide qui me creuse, m'use du dedans, enfle, progresse comme le désert et où résonnent les voix mortes.

À lire aussi de Carole Martinez

Maman n'a jamais su écrire qu'à l'aiguille. Chaque ouvrage de sa main portait un mot d'amour inscrit dans l'épaisseur du tissu.
C'est pas des pieds que nous avons, nous autres, c'est des racines, et il est pas certain qu'un de ma lignée puisse vivre ailleurs que sur cette terre.
Quelle différence du cri au chant! Modulation splendide de la douleur, le chant recoud ce que le cri déchire.
A défaut de croire en Dieu, j'ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l'incroyable pouvoir.
Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle. Ecoute !
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Ne laisse pas trop tes enfants traîner. - Mais que crains-tu? - Les ogres, je crains les ogres! Mon coeur ne m'autorise pas à t'en dire davantage. On voit ses enfants grandir mais on ne les voit jamais vieillir. C'est ainsi.
C'est nous, les gitans qui faisons tourner la terre en marchant. Voilà pourquoi nous avançons sans jamais nous arrêter plus de temps qu'il ne le faut.
Ma vie s'est jouée avant que je ne vienne au monde. N'est-ce finalement pas le cas de tout un chacun. Notre vie n'est le fruit d'un passé qu'on ne maîtrise absolument pas.
Le silence de la nuit s'est posé sur ma page. Du silence et rien d'autre. J'entends, dans le désert de ma vie, battre mon coeur ensablé.
Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur.