Il y avait des catacombes dans ce lycée. On avait très peu d 'armes, quelques revolvers, et on s'entraînait la nuit dans des catacombes profondes à tirer au revolver et pour frimer quelques fois, dans nos blouses grises d'internes, on venait avec un flingue dans la poche. Mais moi je n'ai pas beaucoup travaillé cette année-là, trop occupé uniquement à la Résistance.

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Je crois que la création doit demeurer d'une certaine façon opaque. Si on veut être entièrement transparent à soi, translucide, je crois que la création est foutue.
L'assimilation est aussi une destruction, un triomphe de l'oubli.
Je me suis battu pour imposer “Shoah” sans savoir que je procédais ainsi à un acte radical de nomination, puisque presque aussitôt le titre du film est devenu, en de nombreuses langues, le nom même de l'événement dans son absolue singularité. Le film a été d'emblée éponyme, on s'est mis partout à dire “la Shoah”. L'identification entre le film et ce qu'il représente va si loin que des téméraires parlent de moi comme de “l'auteur de la Shoah”, ce à quoi je ne puis que répondre : “Non, moi, c'est ‘Shoah', la Shoah, c'est Hitler.”
Il n'y avait aucune réalité à filmer, il fallait la créer cette réalité, l'inventer.
J'étais un homme des mûrissements longs, je n'avais pas peur de l'écoulement du temps, quelque chose m'assurait que mon existence atteindrait sa pleine fécondité quand elle entrerait dans sa deuxième moitié.
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