Il y a trente ans, arrivé comme réfugié en France, j'ai demandé l'asile culturel et non pas politique. Culturel parce que je ne me reconnaissais plus ni dans l'idéologie communiste de mon frère, ni dans la foi musulmane de la résistance. J'étais toujours ailleurs. Las de la guerre. Hors du Verbe

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Vous les hommes quand vous avez des armes vous oubliez vos femmes
La callimorphie, c'est la danse du corps sur la musique des lettres.
Un sourire. Un sourire jaune et court qui remplace millet et un mots pour exprimer ses regrets.
Vous les hommes, vous jouissez, et nous les femmes, nous nous en réjouissons
Il faudrait pouvoir dormir comme un nouveau-né, sans images, sans souvenirs, sans rêves. Comme un nouveau-né, reprendre la vie au commencement.
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Dans la même œuvre

L'exil ne s'écrit pas. Il se vit. Alors j'ai pris le calame, ce fin roseau taillé en pointe dont je me servais enfant, et je me suis mis à tracer des lettres calligraphiées, implorant les mots de ma langue maternelle. Pour les sublimer, les vénérer.
L'invisible est l'expression poétique de ce qui est absent, et certainement pas inexistant. Absent parce qu'il est ailleurs, là où je ne suis pas, ou je n'y suis plus. Ou bien, il est à l'endroit où je ne sais explorer au tréfonds de moi-même.
En callimorphie, je ne sais achever un corps. Je l'inachève. Peu importe si ce verbe n'existe pas. Il faut l'inventer. C'est beau, et si réel.
Oui, c'est le désir qui crée l'absence, nullement l'inverse !
En callimorphie, les lettres révèlent le corps et le corps, comme le désir, dénude les lettres. ... La callimorphie, c'est la danse du corps sur la musique des lettres.