Je crois qu'il faut faire semblant. La réalité nous échappe, de toute façon, parce qu'elle nous demeure inconnue ou que nous ne la supportons pas. Nous vivons dans la fiction, il n'y a que ça qui nous convienne.
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Il y a des choses qu'on n'a pas du tout envie de croire possibles. On les pousse tout au bout de son cerveau, dans un petit coin sombre où on ne les voit plus, comme on planque des trucs sous le lit dans sa chambre. Enfin, moi, c'est comme ça que je fais, et si ça marche avec les papiers de bonbons, ça peut marcher avec d'autres trucs.
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À lire aussi de Anne Percin
La société ne doit rien exiger de ceux qui n’attendent rien d’elle, disait pourtant George Sand. Mais, ma pauvre George, la société exige malgré tout, tu sais bien. Elle est intraitable, insatiable, tyrannique.
Maxime, tu es encore devant l'ordinateur... - \r\nUne petite phrase souvent entendue, pour laquelle j'ai ma réponse toute prête : - \r\n- Eh oui, j'ai déjà essayé derrière, mais on voit moins bien...
Redevenir sauvage, c'est redevenir enfant. Il y a des habitudes à perdre.
C’est justement parce que la solitude est la meilleure alliée de l’artiste que l’amitié doit lui être si précieuse. Moi-même qui redoute tant le monde, je trouve que mes amis me font vivre davantage. Non pas plus longtemps, bien évidemment, mais plus largement. Ils donnent de l’épaisseur à la vie.
Dans la même œuvre
Tout arrive, dans la vie. Si le pire peut arriver, c'est que le meilleur aussi. Y'a pas de raison. Après tout.
J'ai voulu prouver à ma mère que c'était pas grave de perdre ses cheveux. Je crois qu'elle avait plus peur du regard des autres que de mourir pendant son opération. C'est débile, non ? Qu'on doive se cacher pour être malade, je trouve ça dingue ! Comme si ça suffisait pas de souffrir, faudrait encore le faire en silence ! Et puis quoi, encore ?
Le bombardement chimique qui se poursuivait dans ses veines, via la petite boîte magique, c'était son petit Hiroshima personnel. On n'aurait pas cru, à la voir, mais il y avait une guerre en elle. Et la guerre, ça dévaste.
Il y avait bien une tumeur. Grosse comme une boule de ping-pong, paraît-il. Une tu-meurs.
Franchir l'obstacle. Traverser, avancer. Même si on se fait mal. Bien sûr, on n'avait pas fini de traverser ce foutu champ miné, elle et moi. Mais, entre deux piqûres d'orties, on pouvait respirer, rire, profiter des bonnes choses. Vivre quoi. Espérer. Croire aux signes, en la chance.