Le bombardement chimique qui se poursuivait dans ses veines, via la petite boîte magique, c'était son petit Hiroshima personnel. On n'aurait pas cru, à la voir, mais il y avait une guerre en elle. Et la guerre, ça dévaste.

À lire aussi de Anne Percin

J'ai d'ores et déjà compris une chose, c'est que l'art est un masque. C'est le masque qui rend acceptable, tolérable, visible, appréciable même peut-être, pour la société, une singularité qui normalement, vous condamne à en être rejeté.
Tout ce qui ressemble de près ou de loin à une relation amoureuse s’apparente à une parade nuptiale digne des dindons. On se gonfle les plumes, on se rengorge (pour les mâles), on se tortille le derrière, on roucoule (pour la femelle). On devient moche, on devient con(ne), on laisse tomber ses ami(e)s, on prend des airs niais, on rit pour un rien, enfin on ne rit plus du tout. On se fait des serments, on les viole, on ment, on se sépare. Au suivant ! Et ça recommence
L'art, c'est ce qui concilie l'homme et la femme.
On était comme deux blessés qui n'osent pas se toucher de peur de se faire mal. Et qui se contentent d'esquisser quelques gestes à travers leurs bandages, le plus doucement possible pour ne pas faire craquer les pansements.
Il y a des choses qu'on n'a pas du tout envie de croire possibles. On les pousse tout au bout de son cerveau, dans un petit coin sombre où on ne les voit plus, comme on planque des trucs sous le lit dans sa chambre. Enfin, moi, c'est comme ça que je fais, et si ça marche avec les papiers de bonbons, ça peut marcher avec d'autres trucs.
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Dans la même œuvre

Tout arrive, dans la vie. Si le pire peut arriver, c'est que le meilleur aussi. Y'a pas de raison. Après tout.
J'ai voulu prouver à ma mère que c'était pas grave de perdre ses cheveux. Je crois qu'elle avait plus peur du regard des autres que de mourir pendant son opération. C'est débile, non ? Qu'on doive se cacher pour être malade, je trouve ça dingue ! Comme si ça suffisait pas de souffrir, faudrait encore le faire en silence ! Et puis quoi, encore ?
Il y avait bien une tumeur. Grosse comme une boule de ping-pong, paraît-il. Une tu-meurs.
Franchir l'obstacle. Traverser, avancer. Même si on se fait mal. Bien sûr, on n'avait pas fini de traverser ce foutu champ miné, elle et moi. Mais, entre deux piqûres d'orties, on pouvait respirer, rire, profiter des bonnes choses. Vivre quoi. Espérer. Croire aux signes, en la chance.
Il y a des choses qu'on n'a pas du tout envie de croire possibles. On les pousse tout au bout de son cerveau, dans un petit coin sombre où on ne les voit plus, comme on planque des trucs sous le lit dans sa chambre. Enfin, moi, c'est comme ça que je fais, et si ça marche avec les papiers de bonbons, ça peut marcher avec d'autres trucs.