Il s'était rendu coupable de haute mécréance, un crime par la pensée, il avait rêvé de révolte, de liberté et d'une vie nouvelle au-delà des frontières.

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Toute religion qui sort de sa vocation de nourrir le dialogue entre l'homme et son créateur et s'aventure dans le champ politique recèle un potentiel totalitaire.
Le vie est exubérante et vorace, en bien et en mal, et ici en ce siècle elle l'avait prouvé. Il ne lui avait manqué qu'une chose, le moyen simplement mécanique de courir occuper les étoiles
Avec les loups il faut hurler ou faire semblant de hurler, bêler est la dernière chose à faire.
Quand on a accepté le mensonge pour vérité, ne sommes-nous pas déjà morts ?
Vinrent les guerres, toutes les guerres, les mouvements de population, les holocaustes, les famines, les déclarations solennelles, les liesses propices aux mensonges, les longues attentes sur le qui-vive, puis les guerres reprirent, les clivages de fer, les vieilles haines ressuscitées, les exils, les exodes, et encore les mots qui blessent, les mots qui tuent, les mots qui nient. Mais toujours, inchangée dans la guerre ou la paix de l'entre-deux, marchant en tête, discourant à perte de vue, pontifiante et grossière : la bêtise souveraine
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Mécroire, c'est refuser une croyance dans laquelle on est inscrit d'office mais, et c'est là que le bât blesse, l'homme ne peut se libérer d'une croyance qu'en s'appuyant sur une autre.
La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité.
C'était le regard d'un homme qui, comme lui, avait fait la perturbante découverte que la religion peut se bâtir sur le contraire de la vérité et devenir de ce fait la gardienne acharnée du mensonge originel.
Mais voilà, il y a culture et culture, celle qui additionne des connaissances, et celle plus courante qui additionne des carences.
Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas, ils ont l'âme glacée.