C'était le regard d'un homme qui, comme lui, avait fait la perturbante découverte que la religion peut se bâtir sur le contraire de la vérité et devenir de ce fait la gardienne acharnée du mensonge originel.

À lire aussi de Boualem Sansal

Pour des gens qui ne sont jamais sortis de leur peur, l'ailleurs est un abîme.
Sans témoins pour la raconter, l'Histoire n'existe pas, quelqu'un doit amorcer le récit pour qu'autres le terminent.
Il faut que les hommes puissent se mettre ensemble autour d'une table pour établir des vérités relatives et provisoires.
On sait le ciel peuplé d'anges, l'enfer grouillant de démons et la terre couverte de croyants, mais pourquoi une frontière à ses confins ? Elle séparait qui de qui, et de quoi ?
L'esclave qui se sait esclave sera toujours plus libre et plus grand que son maître fut-il le maître du monde.
Toutes les citations de Boualem Sansal →

Dans la même œuvre

Mécroire, c'est refuser une croyance dans laquelle on est inscrit d'office mais, et c'est là que le bât blesse, l'homme ne peut se libérer d'une croyance qu'en s'appuyant sur une autre.
La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité.
Mais voilà, il y a culture et culture, celle qui additionne des connaissances, et celle plus courante qui additionne des carences.
Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas, ils ont l'âme glacée.
Quel meilleur moyen que l'espoir et le merveilleux pour enchainer les peuples à leurs croyances, car qui croit a peur et qui a peur croit aveuglément.