Le je n'existe qu'auprès d'un autre.
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Il n'est pas nécessaire de comprendre pour être opérationnel : je suis vivant, je le sais. Je suis parfaitement incapable de dire comment je fais pour vivre, et pourtant je ne cesse de vivre. Et l'on peut devenir profond en restant superficiel.
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La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.
Les mères trop dévouées le sont presque toujours à cause de leur propre histoire: «je veux être une mère parfaite, tant j'ai peur de répéter ma mère qui m'a tant fait souffrir».
Les terroristes impliqués dans les attentats de New York avaient été des enfants bien élevés, bien développés, diplômés, mais n'avaient pas appris qu'il existe d'autres manières d'être humain que la leur.
Nous sommes les pantins de nos récits. Le sentiment de honte ou de fierté qui accable nos corps ou allège nos âmes provient de la représentation que nous nous faisons de nous-mêmes.
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Le jour où l'on comprendra qu'une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires
La meilleure définition que je connaisse de la névrose et de la psychose est la suivante : le psychotique sait que deux et deux font cinq et pense qu'il faut être fou pour ne pas le voir. Alors que le névrosé sait très bien que deux et deux font quatre, et ça lui paraît intolérable.
Dès que je me sens regardé par un autre, je m'inquiète. La conscience de l'autre en moi m'agresse. L'absence de l'autre en moi me fait mourir. Lorsque je suis seul, le monde m'appartient, mais j'y meurs. Lorsqu'un autre apparaît dans mon monde, il m'agresse et me permet de vivre.
Les physiciens ne savent pas ce qu'est la matière. Les biologistes ne savent pas ce qu'est la vie. Les mathématiciens ne savent pas définir le chiffre 1. Pourquoi veut-on que les psychiatres sachent ce qu'est la folie ?
Lorsqu'une personne n'est pas très sûre de ses désirs, de ses pensées ou de ses projets, le conformisme lui apporte les bénéfices du prêt-à-penser culturel et des comportements conformes. Le sentiment, au fond de soi, d'appartenir à un groupe, de venir d'un couple originel étaye l'acquisition de nos comportements, l'assimilation de nos valeurs et nos manières de nous insérer dans notre monde.