Je suis un conservateur. Je veux conserver le monde tel qu'il est, non pas parce qu'il me parait bon - au contraire, je le juge ignoble - mais parce que je suis dedans et que je ne puis le détruire sans me détruire avec lui.
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Il n'est pas du tout utile, il est parfois nuisible que la société prenne conscience d'elle-même.
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Que faire du crédit, sinon le risquer?
Il les estimait parce qu'ils n'avaient pas craint d'écourter leur dîner pour venir se faire dire en face des trucs désagréables. C'étaient des types durs, qui regardaient les choses en face.
Je n'ai jamais cru qu'on faisait de la bonne littérature avec de mauvais sentiments. Mais je pense que les bons sentiments ne sont jamais donnés d'avance: il faut que chacun les invente à son tour.
Jessica: C'est beau, un homme qui est seul. - - Hoederer: Si beau qu'on a tout de suite envie de lui tenir compagnie. Et du coup il cesse d'être seul: le monde est mal fait.
Dans la même œuvre
L'empire des signes, c'est la prose; la poésie est du côté de la peinture, de la sculpture, de la musique.
L'écrivain engagé sait que la parole est action: il sait que dévoiler c'est changer et qu'on ne peut dévoiler qu'en projetant de changer. Il a abandonné le rêve impossible de faire une peinture impartiale de la Société et de la condition humaine.
Il n'est donc pas vrai qu'on écrive pour soi-même: ce serait le pire échec; en projetant ses émotions sur le papier, à peine arriverait-on à leur donner un prolongement languissant.
L'auteur écrit pour s'adresser à la liberté des lecteurs et il la requiert de faire exister son oeuvre.
La lecture est un pacte de générosité entre l'auteur et le lecteur; chacun fait confiance à l'autre, chacun compte sur l'autre, exige de l'autre autant qu'il exige de lui-même.