En montagne, les efforts du ciel ne sont pas de trop, au petit matin, pour cacher sous une couche de neige la trace des orgies de la nuit.

À lire aussi de Sylvain Tesson

Soixante ans après, on attend - avec raison - des voyageurs qu'ils disent la vérité et décrivent leurs périples avec la précision du greffier.
Une fois enrichi, le fakir décida de dormir sur la paille.
Une fuite, la vie dans les bois? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l'habitude donnent à l'élan vital.
Enfermer un nomade entre quatre murs c'est mettre le vent en boîte.
Tondre la pelouse, c'est ne pas même donner sa chance à l'herbe.
Toutes les citations de Sylvain Tesson →

Dans la même œuvre

Il m'avait raconté sa vie de photographe animalier et détaillé les techniques de l'affût. C'était un art fragile et raffiné consistant à se camoufler dans la nature pour attendre une bête dont rien ne garantissait la venue. On avait de fortes chances de rentrer bredouille. Cette acceptation de l'incertitude me paraissait très noble - par la même antimoderne.
Les artistes le savent : le sauvage vous regarde sans que vous le perceviez. Il disparaît quand le regard de l’homme l’a saisi.
La Terre avait été un musée sublime. Par malheur, l'homme n'était pas conservateur.
L'affût était une prière. En regardant l'animal, on faisait comme les mystiques: on saluait le souvenir primal. L'art aussi servait à cela: recoller les débris de l'absolu.
Appelons sens du beau la conviction jouissive de se sentir en vie.