Ce n'est pas en les coupant qu'on rendra meilleures les mauvaises herbes.
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Les artistes le savent : le sauvage vous regarde sans que vous le perceviez. Il disparaît quand le regard de l’homme l’a saisi.
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Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir.
L'aube est-elle rouge du sang à verser aujourd'hui sur la Terre ou de celui coulé la nuit précédente?
Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus chers que l'or. Sur une terre surpeuplée, surchauffée, bruyante.
Pour le malheur du Dalaï-Lama, les fils de Mao, eux, ne font jamais grève.
Dans la même œuvre
Il m'avait raconté sa vie de photographe animalier et détaillé les techniques de l'affût. C'était un art fragile et raffiné consistant à se camoufler dans la nature pour attendre une bête dont rien ne garantissait la venue. On avait de fortes chances de rentrer bredouille. Cette acceptation de l'incertitude me paraissait très noble - par la même antimoderne.
La Terre avait été un musée sublime. Par malheur, l'homme n'était pas conservateur.
L'affût était une prière. En regardant l'animal, on faisait comme les mystiques: on saluait le souvenir primal. L'art aussi servait à cela: recoller les débris de l'absolu.
Appelons sens du beau la conviction jouissive de se sentir en vie.
Je rêvais d’une presse quotidienne dévolue aux bêtes. Au lieu de : « Attaque meurtrière pendant le carnaval », on lirait dans les journaux : « Des chèvres bleues gagnent les Kunlun ». On y perdrait en angoisse, on y gagnerait en poésie.