L'individu en foule acquiert, par le fait seul du nombre, un sentiment de puissance invincible qui lui permet de céder à des instincts que, seul, il eût forcément refrénés. Il sera d'autant moins porté à les refréner que, la foule étant anonyme, et par conséquent irresponsable, le sentiment de la responsabilité, qui retient toujours les individus, disparaît entièrement.
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En matière scientifique, pour être cru il faut prouver. En politique, les discours d'un orateur doué de prestige suffisent à créer d'imaginaires certitudes.
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Une des graves difficultés de la politique est l'obligation de gouverner avec des idées tenues pour vraies par les multitudes alors que ces idées sont erronées.
Les réalités scientifiques les plus solides contiennent toujours, cependant, une part notable d'illusions. Les progrès de la science consistent surtout à la réduire.
L'anarchie est partout quand la responsabilité n'est nulle part.
Pour beaucoup d'êtres la vie serait parfois bien lourde si la nature ne leur avait donné la faculté de parler sans réfléchir et d'émettre des opinions dépourvues de tout fondement.
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Le nombre des soldats victimes de la grande guerre est connu. Celui des idées et des croyances détruites par elle reste encore ignoré.
La vérité, pour la grande majorité des hommes, étant ce qu'ils croient, c'est surtout avec leurs croyances qu'on doit gouverner les peuples.
Une des graves difficultés de la politique est l'obligation de gouverner avec des idées tenues pour vraies par les multitudes alors que ces idées sont erronées.
Les gouvernants doivent savoir discerner les sentiments qui font mouvoir les hommes, sans se préoccuper beaucoup des influences rationnelles qui devraient les faire agir.
Les gouvernants doivent savoir ce qu'ils veulent et ce qu'ils peuvent, mais aussi ce que veulent et peuvent leurs adversaires.