De même que le corps humain le plus beau recèle dans son intérieur des ordures et des odeurs méphitiques, le plus noble caractère a des traits méchants et le plus grand génie des traces de petitesse et de folie.

À lire aussi de Arthur Schopenhauer

Tout le monde sait qu'on allège les maux en les supportant en commun : parmi ces maux, les hommes semblent compter l'ennui, et c'est pourquoi ils se groupe pour s'ennuyer en commun.
Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d'être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu'ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c'est la politesse et les belles manières.
La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage: le premier, d'être avec soi-même, et le second de n'être pas avec les autres.
Presque toutes les langues le disent ; leur mot pour dire vanité, vanitas, signifie vide, néant.
C'est une excellente pierre de touche que notre plus ou moins grande aptitude à supporter ou à aimer la solitude.
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Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, elles ont besoin d'obscurité. Un certain degré d'ignorance générale est la condition de toutes les religions, le seul élément dans lequel elles peuvent vivre.
Quelle folie de regretter et de déplorer d'avoir négligé de goûter dans le passé tel bonheur ou telle jouissance! Qu'en aurait-on maintenant de plus? La momie desséchée d'un souvenir.
Le médecin voit l'homme dans toute sa faiblesse; le juriste, dans toute sa méchanceté; le théologien, dans toute sa sottise.
Philosopher jusqu'à un certain point et pas d'avantage, c'est une demi-mesure qui constitue le caractère fondamental du rationalisme.
Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, il leur faut l'obscurité.