Dans la vie des affaires, les luttes partisanes sont peu de chose. Politiques et industriels ont l'habitude de se fréquenter.

À lire aussi de Eric Vuillard

La cervelle est un organe étanche. Les yeux ne trahissent pas la pensée, les mimiques imperceptibles sont illisibles aux autres ; on croirait que le corps entier est un poème dont nous brûlons, et dont nos voisins ne comprennent pas un mot
Mais les entreprises ne meurent pas comme les hommes. Ce sont des corps mystiques qui ne périssent jamais
Une entreprise est une personne dont le sang monte à la tête. On appelle cela une personne morale. Leur vie dure bien au-delà des nôtres.
Les personnes morales ont leurs avatars, comme les divinités anciennes prenaient diverses formes et, au fil du temps, s'agrégeaient d'autres dieux.
Oh, il devrait bien savoir pourtant que, dans toute partie, il existe un stade critique au-delà duquel il devient impossible de se refaire ; on n'a plus qu'à regarder l'adversaire abattre à poignées ses cartes maîtresses et récolter les plis : les dames, les rois, tout ce qu'on n'a pas su jouer à temps et qu'on a fébrilement gardé en main dans l'espoir de ne pas le perdre.
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Les plus grandes catastrophes s'annoncent souvent à petits pas.
Une entreprise est une personne dont le sang monte à la tête. On appelle cela une personne morale. Leur vie dure bien au-delà des nôtres.
Quand tu discutes avec un adversaire, essaie de te glisser dans sa peau.
Le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s'il ne cède jamais à l'exigence de justice, s'il ne plie jamais devant le peuple qui s'insurge, plie devant le bluff.
On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu'on s'arc-boute, on hurle.