Quand tu discutes avec un adversaire, essaie de te glisser dans sa peau.

À lire aussi de Eric Vuillard

Il n'a pas voulu voir la vérité en face. Mais, à présent, la voici qui vient à lui, tout près, horrible, inévitable. Et elle lui crache au visage le secret douloureux de ses compromis.
Le dénigrement de soi, lorsqu'il paraît franc et brutal, est une façon de faire mal. Il faut être capable de se blesser soi avec beaucoup de cruauté, en usant des arguments les plus justes, si l'on veut vraiment blesser l'autre. Car, au fond, les hommes ont tous mal aux mêmes endroits, ils souffrent des mêmes blessures.
Mais les entreprises ne meurent pas comme les hommes. Ce sont des corps mystiques qui ne périssent jamais
Oh, il devrait bien savoir pourtant que, dans toute partie, il existe un stade critique au-delà duquel il devient impossible de se refaire ; on n'a plus qu'à regarder l'adversaire abattre à poignées ses cartes maîtresses et récolter les plis : les dames, les rois, tout ce qu'on n'a pas su jouer à temps et qu'on a fébrilement gardé en main dans l'espoir de ne pas le perdre.
Qui a dansé sur le cadavre de la liberté ne peut pas espérer qu'elle vole soudain à son secours !
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Dans la même œuvre

Les plus grandes catastrophes s'annoncent souvent à petits pas.
Une entreprise est une personne dont le sang monte à la tête. On appelle cela une personne morale. Leur vie dure bien au-delà des nôtres.
Le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s'il ne cède jamais à l'exigence de justice, s'il ne plie jamais devant le peuple qui s'insurge, plie devant le bluff.
On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu'on s'arc-boute, on hurle.
Mais les entreprises ne meurent pas comme les hommes. Ce sont des corps mystiques qui ne périssent jamais