Le dénigrement de soi, lorsqu'il paraît franc et brutal, est une façon de faire mal. Il faut être capable de se blesser soi avec beaucoup de cruauté, en usant des arguments les plus justes, si l'on veut vraiment blesser l'autre. Car, au fond, les hommes ont tous mal aux mêmes endroits, ils souffrent des mêmes blessures.

À lire aussi de Eric Vuillard

On n'ose rien dire. Un être trop poli, trop timide, tout au fond de nous, répond à notre place ; il dit le contraire de ce qu'il faudrait dire.
Mais les entreprises ne meurent pas comme les hommes. Ce sont des corps mystiques qui ne périssent jamais
Le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s'il ne cède jamais à l'exigence de justice, s'il ne plie jamais devant le peuple qui s'insurge, plie devant le bluff.
On voit que l'ingénierie financière sert depuis toujours aux manoeuvres les plus nocives.
La corruption est un poste incompressible du budget des grandes entreprises, cela porte plusieurs noms, lobbying, étrennes, financement des partis.
Toutes les citations de Eric Vuillard →

Dans la même œuvre

Mais le réveil s'était produit. L'inca était mort, les Espagnols l'avaient tué. Ils ne tenaient aucune de leurs promesses. Le goût de l'or était celui du sang. Exactement le même. Il n'y avait rien à espérer, il était impossible de les émouvoir ou de les corrompre.
La nature est un livre pour les illettrés.
Les conquistadors, en matière de droit, étaient évidemment très frustres. Un coup d'épée suffisait à rompre un accord. Les notaires n'étaient pas si nombreux que les assassins, et les pupitres étaient moins solides que les lames d'acier. Le sang effaçait l'encre. L'évidence d'un profit arasait les promesses
On répète à longueur d'années, dans tous les amphithéâtres possibles, qu'une allure de légalité constitue un premier remède contre l'arbitraire, un peu comme la perruque est un remède contre la calvitie.