Le casino est un mouroir où des vieillardes échangent leur retraite contre des jetons d'écoliers.
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Dans l'ennui, le temps cesse d'être une énigme. Il devient substance molle, informe, que chaque jour, semblablement, on traverse, oublieux du labyrinthe de mystères que les journées offraient à notre imagination d'enfant.
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À lire aussi de Hélène Frappat
Un rêve c'est quand ça reste dans la tête. Un cauchemar c'est quand ça rentre dans la maison.
Je tentais partout de masquer un sentiment d’absence. Une décennie à faire semblant, semblant de travailler, d’avoir une vie sociale, de vivre.
La nuit de printemps était douce. Le fleuve du jour avait disparu. Changeait-il d’aspect au crépuscule, devenant ce monstre aquatique dont Mo n’osait s’approcher ? Des vagues luisantes enflaient sous la surface. Le mouvement convulsif se propageait loin, si loin, vers les étoiles floues derrière un voile de brume. On eût dit qu’une gigantesque anguille s’était emparée du fleuve, commandant chacun de ses mouvements, et jusqu’aux battements du cœur qui frappaient à grands coups désordonnés, fébriles, depuis que le clapotis diurne s’était tu.
Pourtant qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu’elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement la vague malaise, la jubilation secrète qui l’accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville.
Dans la même œuvre
Ainsi marchons-nous en exil, sur des trottoirs qui ne nous appartiennent pas, accompagnés par une foule indifférente et anonyme, regrettant le lieu où nous ne sommes pas, magnifiant les époques défuntes, à l'affût d'une étincelle de nostalgie qui, en auréolant les promesses non tenues du passé d'une lumière illusoire, plonge le présent qui n'existe déjà plus dans l'ombre.
Pourtant qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu’elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement la vague malaise, la jubilation secrète qui l’accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville.