Comme le dit Shakespeare dans La Tempête : « L'enfer est vide, tous ses démons sont ici. »

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L'été, en France, tout est mort. Il n'y a jamais eu d'exception. Le pays fonctionne au ralenti quoi qu'il arrive. Le pire des drames ne résiste pas plus de quelques semaines aux vacances de ses concitoyens. C'est leur force, ou leur faiblesse, mais l'art de vivre à la française finit toujours par avoir le dessus. La plage, l'apéritif, l'amour et le farniente auront toujours le dernier mot. C'est ainsi.
Vous connaissez le dicton : « La gendarmerie, c'est des volontés d'Américains avec des moyens d'Africains ».
Durant son ancienne vie de médecin, il avait observé que dans les moments difficiles les femmes sont capables de se concentrer sur l'essentiel. L'homme qui débarque aux urgences avec un doigt entaillé s'évanouit fréquemment. La femme qui amène son gamin couvert de sang gère d'abord le problème. S'assure que sa progéniture se trouve en de bonnes mains. Et s'effondre plus tard.
Les gens réagissent à la colère comme des miroirs. Ce sont leurs neurones miroirs qui parlent. Ces structures de la reconnaissance qui permet l'apprentissage par imitation. De la même façon qu'un enfant mime les réactions faciales de ses parents. Si un gosse pleure dans une classe de maternelle, tous les autres pleurent avec lui sans savoir pourquoi. La colère contamine la foule.
Quoi, vous voulez dire que je ne suis pas dans un groupe Facebook de joyeux lurons ? Que je ne publie pas de clichés sur Instagram de moi au bord de ma piscine? Incroyable. Je suis donc comme la plupart des gens âgées qui n'en a rien a foutre de tout ça ? Prenez un individu de plus de soixante-dix ans, sans antécédents particuliers et cherchez-le sur Google. Es-ce qu'il s'y trouve? Non et c'est normal. Sauf le jour de ses funérailles , avec le faire-part de décès, je le sais, j'en rédige a l'église.
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Vous pensez agir de façon logique, restez maître de vos émotions. Votre cerveau aligne sagement les plus et les moins dans des colonnes. Et à la fin, votre coeur se fait avoir comme un débutant.
Avant, on passait des heures en famille à classer nos clichés dans de grands albums en carton qui sentaient bon la colle Uhu. On les oubliait au fond d'un placard, puis on les rouvrait lors d'une fête ou d'un anniversaire, un verre à la main, en se remémorant des anecdotes débiles. Aujourd'hui, chacun a la possibilité de faire défiler sa vie entière d'un simple clic, tout seul devant son moniteur. Et on appelle ça le progrès.
C'est dingue, vous clignez de l'oeil, et les années défilent en un éclair.
Chacun invente ses petits trucs pour affronter les ténèbres, sinon c'est une part de vous-même qui meurt à chaque patient.
Élever des gosses, poursuit Cameron, c'est comme de vouloir traverser l'autoroute à pied. Tôt ou tard, tu te fais aplatir comme une crêpe.