Chaque protestation politique fondamentale est un appel à une justice absente, et s'accompagne de l'espoir que dans le futur cette justice sera établie ; cet espoir, cependant, n'est pas la raison première de la protestation. On proteste parce que ne pas protester serait trop humiliant, trop rabaissant, trop mortifère. On proteste (en construisant une barricade, en prenant les armes, en faisant la grève de la faim, en se tenant par les bras, en criant, en écrivant) afin de sauver le moment présent, quoi que l'avenir réserve.

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Le rire n'est pas une réaction mais une contribution.
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Je vois le visage d'Anton Tchekhov : « Le rôle de l'écrivain, dit-il, est de décrire une situation si honnêtement... que le lecteur ne peut plus s'en évader. » Comment suivre ce conseil aujourd'hui ? Je n'ai pas de réponse, seulement une intuition qui bégaye, comme n'importe quelle histoire avant d'être racontée.
Les pauvres usent de toutes les ruses mais ne se déguisent jamais. Les riches se déguisent généralement jusqu'à leur mort. Un de leurs déguisements les plus fréquents est le Succès. De l'accomplissement, il n'y a souvent rien à montrer si ce n'est un regard de reconnaissance partagé.
L'horizon est le bord inférieur rectiligne d'un rideau arbitrairement et soudainement baissé sur une représentation.
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Dans une histoire donnée, certains prennent simplement plus d'espace. Écrire avec une jointure qui saigne. Ce sang souligne certains mots. Chaque histoire raconte un accomplissement, sinon il n'y a pas d'histoire.
Le sens de l'appartenance à ce qui a été et à ce qui reste encore à venir est ce qui distingue l'homme des autres animaux. Cependant affronter l'Histoire, c'est affronter le tragique. C'est pourquoi beaucoup préfèrent regarder ailleurs
Toutes les tyrannies impliquent des cruautés institutionnalisées. Comparer une tyrannie à une autre est alors inutile parce qu'à partir d'un certain point, les douleurs sont incomparables.