On connaît la formule qu'avait écrite Montaigne lorsqu'il tentait de dire pourquoi La Boétie avait empli son coeur : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » Et vice versa, il va de soi. C'est l'image qu'on aura de mon père et de son ami Pierre : deux lierres à jamais enlacés.
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Ce sera son fils qui, plus tard, arrachera au Petit Larousse des mots d'or et de jade, de porphyre et de marbre, pour le glorifier. Le déifier.
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C'est ainsi que l'on devient un homme, un conquérant, un Attila en herbe : en reniant son passé, en écrasant autrui ; surtout s'il est petit ; surtout s'il nous renvoie l'image de ce que l'on fut naguère.
Ils étaient incultes, c'est-à-dire intelligents mais sans les livres capables de leur nommer, soit cette intelligence, soit cette inculture
Je lisais comme certains boulimiques se gavent de nourriture, et quand mon petit frère est mort, j'ai lu davantage, à outrance, de façon névrotique, je me suis enfermé à l'intérieur des pages comme derrière des barreaux.
Mais pour un enfant, une mère n'est qu'amour
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On connaît la formule qu'avait écrite Montaigne lorsqu'il tentait de dire pourquoi La Boétie avait empli son coeur : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » Et vice versa, il va de soi. C'est l'image qu'on aura de mon père et de son ami Pierre : deux lierres à jamais enlacés.
Ça fait les hommes, la boxe, affirme sa mère. Tout comme la gnôle, les tranchées, l'enclume, ou le pas de l'oie. C'est pour ça qu'elle l'a inscrit au club, afin qu'il entre, en costaud, dans le troupeau des mâles, qu'il accède à l'âge adulte en gentleman couillu.
Toujours on sous-estime les gens qu'on aime trop, ou ceux qu'on aurait dû aimer encore bien davantage
Mon père ce héros. Mon roi d'éternité
On ne choisit pas son enfance, on s'acclimate aux pièces du puzzle, on bricole son destin avec les outils qu'on a sous la main