C'est une journée machinale comme seule l'usine sait en produire.

À lire aussi de Joseph Ponthus

Ce roman comporte autant de portes d'entrées que de retours de lectrices et de lecteurs : ouvriers, psychanalystes, poètes, chômeurs, professeurs, autres. Tous sont lecteurs et y raccrochent leur sensibilité. Ce livre ne m'appartient plus et c'est une dépossession bienheureuse.
On ne quitte pas un sanctuaire indemne - \r\nOn ne quitte jamais vraiment la taule - \r\nOn ne quitte pas une île sans un soupir - \r\nOn ne quitte pas l'usine sans regarder le ciel.
Tâcher de raconter ce qui ne le mérite pas - \r\nLe travail dans sa plus banale nudité - \r\nRépétitive - \r\nDes gestes simples - \r\nDurs - \r\nDes mots simples.
Je pense au fameux vers de Shakespeare où le monde est une scène dont nous ne sommes que les mauvais acteurs.
Le capitalisme triomphant a bien compris que pour exploiter au mieux l'ouvrier - \r\nIl faut l'accommoder - \r\nJuste un peu - \r\nÀ la guerre comme à la guerre - \r\nRepose-toi trente minutes - \r\nPetit citron - \r\nTu as encore quelque jus que je vais pressurer.
Toutes les citations de Joseph Ponthus →

Dans la même œuvre

L'autre jour à la pause j'entends une ouvrière dire à un de ses collègues Tu te rends compte aujourd'hui c'est tellement speed que j'ai même pas le temps de chanter » Je crois que c'est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière.
J'écris comme je pense sur ma ligne de production divaguant dans mes pensées seul déterminé
À l'usine on chante - \r\nPutain qu'on chante - \r\nOn fredonne dans sa tête - \r\nOn hurle à tue-tête couvert par le bruit des machines - \r\nOn sifflote le même air entêtant pendant deux heures - \r\nOn a dans le crâne la même chanson débile entendue à la radio le matin - \r\nC'est le plus beau passe-temps qui soit - \r\nEt ça aide à tenir le coup.
Le capitalisme triomphant a bien compris que pour exploiter au mieux l'ouvrier - \r\nIl faut l'accommoder - \r\nJuste un peu - \r\nÀ la guerre comme à la guerre - \r\nRepose-toi trente minutes - \r\nPetit citron - \r\nTu as encore quelque jus que je vais pressurer.
Je pense au fameux vers de Shakespeare où le monde est une scène dont nous ne sommes que les mauvais acteurs.