Auteur

Vladimir Nabokov

Des combinaisons (dans le jeu d'échecs) pareilles à des mélodies. Je crois entendre pour ainsi dire la musique des coups...
Ce n'est pas pour s'amuser qu'il joue aux échecs: il célèbre un culte.
Et le jeu d'échecs, peut-être parce qu'elle n'y entendait rien, lui apparaissait non pas comme une distraction familiale, un passe-temps agréable, mais comme un art mystérieux, comparable à tous les arts universellement reconnus.
Horreur, mais aussi harmonie suprême: qu'y avait-il en effet au monde en dehors des échecs? - Le brouillard, l'inconnu, le non-être...
Dans l'univers des échecs le temps est inexorable...
... il faut à mon avis écrire pour plaire à un seul lecteur: soi-même.
Le joueur d'échecs, comme le peintre ou le photographe, est brillant... ou mat.
L'imagination n'est fertile que lorsqu'elle est futile.
Elle avait conscience de ne pouvoir être pleinement heureuse hors d'une certaine conjonction de la banque et du lit.
Il n'y a pas de libertin un peu ancré dans le vice qui ne sache combien le meurtre a d'emprise sur les sens.
Sans relever les yeux de son journal, d'un doigt distrait il vérifia sa braguette et ses lèvres remuèrent avec une concentration accrue.
Le décor de la mort: quelques meubles conventionnels et quatre murs.
La vie est une grande surprise. Pourquoi la mort n'en serait pas une plus grande?
Les amateurs de paradoxes médiocres ont remarqué la sentimentalité des bourreaux... le trottoir devant une boucherie est toujours humide.
Seul le danger mortel est incolore.
Plus on prête attention aux coïncidences, plus elles se produisent.
Hélas, mon récit dégénère en un journal. Pourtant, il n'y a rien à faire; j'ai pris l'habitude d'écrire, au point que je suis maintenant incapable d'y renoncer. Un journal, je l'admets, est la forme la plus basse de la littérature.
Je suis saine de corps, et absolument obscène dans mes pensées, mes paroles et mes actes.
Si vous voulez, voici ce que je suis prêt d'admettre: je ne suis moi-même rien d'autre qu'un chercheur d'aventures verbales.
Sa drôlerie me semble obscure et ses obscurités drôles.
Il éprouva la plus triviale de toutes les sensations sur terre: la déchirure d'une occasion ratée.
Elle ressentit un petit froid au coeur, comme cela arrive lorsqu'on feuillette une revue de l'année précédente, tout en sachant que la porte va s'ouvrir à l'instant et que le dentiste va surgir sur le seuil.
Les choses ultra-modernes sont singulièrement portées à s'user plus rapidement que les autres.
Mais dans mes souvenirs un détail se détache avec une parfaite netteté: sous chaque poème il y avait, en guise de signature, un petit cavalier noir de jeu d'échecs dessiné à l'encre.
La vie est un message griffonné dans le noir.

Œuvres de Vladimir Nabokov

Ada (1969)Ada ou l'ardeur (1969)Autres rivages (1951)Brisure à senestre (1947)Chambre obscure (1974)Dans Time, 1981.Feu pâle (1962)Feu pâle (1965)L'EnchanteurL'Enchanteur (1939)L'Extermination des tyrans (1977)La défense LoujineLa défense Loujine (1930)La méprise (1991)La vraie vie de Sebastian Knight (1940)Le Don (1992)Littératures (1980)Lolita (1955)PnineRegarde, regarde les arlequins