Le philosophe a raison de dire qu'il ne faut rien de plus épais que la lame d'un couteau pour séparer le bonheur de la mélancolie.
Pourquoi penser dans un monde où l'instant présent existe ?
Nos médiocres vies sans beauté ne se recouvrent de splendeur, ne s'enrichissent d'un sens que sous l'éclairage de l'amour.
Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis.
Mais pourquoi est-ce si douloureux d'aimer ? Pourquoi y avait-il dans le bonheur tant de souffrance ?
Je vais marcher doucement derrière elle, pour être à portée de main, plein de curiosité, pour la consoler lorsque dans un accès de rage elle pensera : Je suis seule.
Il s'assit sur le rebord. Mais il attendrait le tout dernier moment. Il ne voulait pas mourir. La vie était bonne le soleil, chaud. Seulement, les êtres humains : mais qu'est-ce qu'ils voulaient ?
Il est naturel qu'un chien toujours couché avec la tête sur un lexique grec en vienne à détester d'aboyer ou de mordre qu'il finisse par préférer le silence du chat à l'exubérance de ses congénères et la sympathie humaine à toute autre.
La beauté doit naître et mourir chaque jour pour demeurer digne d'être aimée.
La moitié des notions que nous nous formons sur les gens sont en sommes grotesques. Elles servent nos propres buts.
Les chefs-d'oeuvre ne sont pas nés seuls et dans la solitude ils sont le résultat de nombreuses années de pensées en commun, de pensées élaborées par l'esprit d'un peuple entier, de sorte que l'expérience de la masse se trouve derrière la voix d'un seul.
Quand les gens sont heureux, avait-t-elle dit à Elisabeth, ils ont une réserve dans laquelle puiser, alors qu'elle, elle était comme une roue dégonflée qui cahote sur les gravillons.
Les uns prenaient le ciel pour emblème de l'existence a venir.
Jamais les voix ne sont aussi belles qu'en hiver, à la tombée du jour, quand les lignes du corps s'estompent et qu'elles semblent s'élever du néant avec une intonation intime si rare en plein jour.
La vérité ne peut être atteinte qu'en rassemblant une grande variété d'erreurs.
Invaincue, Indomptable, c'est contre toi, ô mort que je m'élance.
Des sensations riches et puissantes se forment sur le toit de mon esprit ma journée tombe comme une averse - les bois et Elvedon Susan et le pigeon. Ruisselant sur les murs de mon esprit, coulant d'un même flot, ma journée tombe dru, resplendissante.
Le seul conseil en effet qu'une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d'user de sa propre raison, d'en arriver à ses propres conclusions.
Vous, moi, elle, passons et disparaissons rien ne demeure tout change mais pas les mots, pas la peinture.
Œuvres de Virginia Woolf
Cité par H. Nyssen dans Eloge de la lectureEntre les actesFlush : une biographie (1935)Journal d'un écrivain (1953)Journal, 17 février 1922L'Art du roman (1963)La Mort de la phalène (1942)La Promenade au phare (1927)La Traversée des apparences (1948)Les Vagues (1931)Mrs. Dallovay (1925)Mrs. Dalloway (1929)Nuit et Jour (1933)Orlando (1928)Une chambre à soi (1929)